Les habitants des Hauts-de-France et le service public de proximité

Le 7 avril dernier, la MNT a présenté les résultats de l’enquête « les habitants des Hauts-de-France et leur service public de proximité », en présence de Philippe LAURENT, Président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale et maire de Sceaux. Le débat a ensuite été ouvert autour de Richard DELPIERRE (DGS de la Maire de Neuville-en-Ferrain et président départemental du SNDGCT) et de Jean-Luc DETAVERNIER (vice-président du Conseil départemental du Nord en charge des ressources humaines et président de la Communautés de communes Pévèle).
Jean-René MOREAU, administrateur de la MNT et président de l’Observatoire social territorial (OST), ainsi que Cécile MEXANDEAU, directrice des relations extérieures de SMACL Assurances, ont exposé la démarche portée par la MNT, SMACL Assurances et le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT). Ils ont ensuite présenté les principaux enseignements de cette enquête : attachement des habitants des Hauts-de-France à leur service public de proximité et à ses agents, qu’ils considèrent comme utiles sur leurs territoires ; constat de l’efficacité des services et de la compétence des agents.

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Philippe LAURENT considère que ces résultats démontrent plus largement l’attachement de la population au modèle Français, qui date de la Libération et garantie un degré important de mutualisation des risques sociaux, pris en charge essentiellement par la puissance publique. Il a souligné que dans le contexte électoral, le débat sur les services publics de proximité était posé en de mauvais termes : l’approche uniquement budgétaire ne permet pas d’avoir de débat de fond sur le modèle de société souhaité.
Il a également abordé le contexte difficile pour les agents de la fonction publique territoriale : « fonctionnaire bashing », réformes territoriales nombreuses ces dernières années, et évolutions constantes du service public pour s’adapter aux évolutions de la société (numérisations, rythmes scolaires). Sans porter de jugement de fond sur ces évolutions, il a souligné qu’elles étaient sources d’angoisses et déstabilisatrices pour les agents. Revenant sur ce contexte de « fonctionnaire bashing », Richard DELPIERRE s’est félicité que ce climat n’aboutisse pas à détériorer substantiellement la vision qu’ont les Français du service public de proximité, comme le prouve l’enquête. Il a appelé tous les dirigeants des collectivités à faire connaitre aux agents publics ces résultats, qui valorisent leur travail au quotidien.
Jean-Luc DETAVERNIER a imputé l’écart entre les résultats nationaux et régionaux au contexte économique difficile de la région. Cela est également suggéré par l’analyse des résultats régionaux de l’enquête : les populations les plus vulnérables (chômeurs, ouvriers, employés et jeunes) sont moins attachées au service public de proximité que le reste de la population, lorsque cette question leur est posée de manière abstraite. Pour autant, leur demande concrète de service public n’en est pas moins importante : en moyenne, ils sont plus favorables que le reste de la population au développement de l’offre de services publics de proximité.
Enfin, les intervenants ont abordé la question de la modernisation et de l’innovation dans les services publics de proximité. Jean-Luc DETAVERNIER a analysé les résultats de l’étude comme un encouragement à rationaliser la gestion des services publics de proximité et à faire preuve de plus d’innovation, notamment en matière de gestion des ressources humaines et de management. Analyse partagée par MM. LAURENT et DELPIERRE, ce dernier insistant sur la nécessité de co-construire les politiques publiques avec les usagers, mais aussi d’associer davantage les agents à ces réflexions.