Les habitants du grand ouest et les services publics de proximité

Le 5 avril, autour de Jean-Paul HUBY (directeur général du centre de gestion 35 et représentant local de l’AATF) et de Benoit BELLEC (Directeur régional de l’ADGCF), la MNT a présenté les résultats de l’enquête « les habitants de l’ouest et leur service public de proximité ». Ce moment d’échanges a aussi été l’occasion de débattre des perspectives du service public de proximité, notamment en matière d’innovation.

Jean-René MOREAU, administrateur de la MNT et président de l’Observatoire social territorial (OST), a exposé la démarche portée par la MNT, SMACL Assurances et le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT). Il a ensuite présenté les principaux enseignements de cette enquête : attachement des habitants du grand ouest à leur service public de proximité et à ses agents, qu’ils considèrent comme utiles sur leurs territoires ; constat de l’efficacité des services et de la compétence des agents. Il a enfin relevé le degré plus fort d’attachement des habitants de l’ouest, et particulièrement des Bretons, au service public de proximité, comparé au reste des Français (+ 7 points).

 

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Les deux intervenants, MM. BELLEC et HUBY, se sont félicités de ces résultats très positifs dans un contexte politique qu’ils jugent pourtant hostile au service public et à ses agents. Ils ont regretté les stéréotypes trop souvent véhiculés sur les fonctionnaires.

Ils sont ensuite revenus sur la demande des habitants du grand ouest, et de tous les Français : avoir plus de services publics de proximité. Ils ont souligné la difficulté d’y répondre pour les collectivités territoriales dans le contexte actuel de réduction des marges de manœuvre budgétaires des collectivités et face à la volonté des citoyens de ne pas trop augmenter la fiscalité locale. Les intervenants ont souligné que pour répondre à cette demande sociale, il faut accroitre l’efficience des services publics. Cela passe notamment par des services publics innovants, à plusieurs égards.
L’innovation doit bien entendu être technologique. A titre d’exemple, le mouvement de dématérialisation est largement entamé dans les services publics de proximité, et gagnerait à l’être encore davantage. Les intervenants ont néanmoins souligné la nécessité de conserver une dimension physique et de proximité, tous les usagers n’ayant pas accès aux supports numériques. Cela leur est apparu d’autant plus nécessaire que l’étude souligne cette demande de proximité formulée par les habitants du grand ouest.


L’innovation tient également à l’association des usagers à la conception des services publics, tout en laissant aux élus locaux le rôle de décideur. Une telle orientation permet de développer de nouveaux usages et de concevoir des services publics plus accessibles pour les usagers. L’association des citoyens à la prise de décision a fait l’objet de nombreux échanges. M. BELLEC a rappelé l’existence de très nombreuses instances de consultation, tout en regrettant leur mise à profit insuffisante. Plus que l’existence de dispositifs, c’est leur effectivité qui semble en question.
L’innovation passe également par un meilleur management dans la fonction publique territoriale. Les intervenants ont pointé la difficulté particulière d’innover en matière de management dans l’administration, car le principe hiérarchique y est par nature plus rigide.

Enfin, il a été question des territoires ruraux et périurbains, dans lesquelles vivent des populations que les intervenants ont considérées comme particulièrement délaissées. Faisant écho à la proposition de l’AATF, M. HUBY a proposé la mise en place de dispositifs de contractualisation pour ces territoires, sur le modèle des contrats de ville. Les intervenants ont également évoqué l’exemple de la métropole de Lyon comme projet intéressant en matière d’intégration des territoires péri-urbains à la dynamique de métropolisation.