Démarche

Le débat autour du service public, et notamment des services publics locaux, prend une ampleur particulièrement importante dans le cadre de la période électorale.

Dans ce contexte, la Mutuelle nationale territoriale (MNT), SMACL Assurances et le Conseil supérieur de la Fonction publique territoriale (CSFPT) ont souhaité s’associer pour réaffirmer leur attachement aux services publics locaux, et lancer une démarche commune et durable, qui s’inscrit au-delà des cadres partisans et du contexte électoral. Elle comprend notamment l’organisation d’un colloque national le 15 mars 2017, l’occasion de présenter une enquête sur l’attachement des Français aux services publics de proximité.

Cette démarche sera également déclinée localement, avec notamment plusieurs enquêtes régionales afin de comprendre l’attachement des Français aux services publics de proximité sur leurs territoires, pour mieux les valoriser.

La MNT et SMACL Assurances coorganisent, avec le concours du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale, le débat national sur le service public de proximité « Utile aujourd’hui – utile demain ». Motivations, messages, publics visés… tour d’horizon à deux voix avec Alain Gianazza, président général de la Mutuelle Nationale Territoriale, et de Jean-Luc de Boissieu, président de SMACL Assurances (retrouvez l’interview de Philippe Laurent, président du CSFPT en cliquant ici).

 

Organiser un colloque sur les services publics locaux à un mois des élections présidentielles, est-ce une manière pour la MNT et SMACL Assurances de participer au débat ?

J.-L. B. : Nous sommes deux mutuelles créées et administrées par des territoriaux pour des territoriaux. Que ce soit la santé et la prévoyance des agents pour la MNT, ou l’assurance des biens et des activités des collectivités pour SMACL Assurances, la fonction publique territoriale et les services publics de proximité sont par nature au centre de notre action, de nos préoccupations. Or, nous constatons périodiquement, particulièrement en période électorale, que le débat relatif à la baisse des dépenses publiques se réduit bien souvent à la diminution des effectifs de fonctionnaires, et la fonction publique territoriale est particulièrement visée. C’est anxiogène pour les agents, pour les collectivités et leurs responsables, celles et ceux justement pour lesquels nous œuvrons au quotidien. Ceci nous interroge également sur l’avenir de nos métiers. Pour nous faire une idée précise, et au-delà du discours politique, nous avons voulu mesurer ce que nos concitoyens pensent réellement de leurs services publics de proximité. Aujourd’hui, avec l’enquête réalisée en partenariat avec l’IFOP, nous avons des éléments chiffrés qui vont venir nourrir cette réflexion.

A. G. : Cette démarche conjointe est destinée à éclairer le plus largement possible sur ce que pensent nos concitoyens de leurs services publics de proximité. Elle s’adresse particulièrement à nos membres, nos adhérents, nos mandataires, mais au-delà, aux acteurs publics locaux, à l’ensemble du monde territorial. Et si nos décideurs politiques actuels ou à venir pouvaient s’en inspirer, nous en serions ravis ; nous souhaitons donner une résonance durable à notre mobilisation, au-delà des échéances électorales, en nous basant sur les résultats d’une enquête auprès des Français et en permettant aux acteurs publics de débattre de manière un peu plus concrète du service aux citoyens.

 

Quelle image du service public de proximité souhaitez-vous mettre en avant ?

A. G. : Tout simplement celle que perçoivent nos concitoyens. Un service utile (pour 92 % des Français), de qualité (67 %), auquel ils sont attachés (83 %), au service des citoyens (73 %) et dont l’image s’améliore avec la proximité (de la région à la commune). 84 % des personnes interrogées sont favorables au maintien voire à l’augmentation de l’offre de services publics de proximité. Ce qui semblait faire débat ne le fait plus.

J.-L. B. : Au-delà des grands discours des candidats, nous pensons qu’il faut revenir au réel, à la vie quotidienne des Français, à l’utilité sociale des services publics locaux. Depuis toujours, les collectivités locales rendent des services publics de proximité, très variés et de première nécessité. Avec ce sondage, on voit bien que les Français sont très attachés aux services publics de proximité.

Comment espérez-vous faire évoluer les débats actuels autour du service public ?

J.-L. B. : Nos sociétaires et adhérents (collectivités territoriales, agents et monde associatif) vont être les premiers destinataires de cette enquête d’opinion. À eux
de la relayer et de la faire rayonner dans leur environnement s’ils jugent qu’elle répond aux préoccupations du moment. Elle peut également donner aux élus des
éléments de réflexion sur les attentes de leurs concitoyens vis-à-vis des services publics locaux.

A. G. : Les agents sont fi ers de leur métier et se sentent utiles au quotidien dans leur travail. Les Français plébiscitent cette utilité sociale. Nos partenaires et réseaux de la fonction publique territoriale, qui souhaitent s’emparer des résultats de notre enquête, sont désormais les meilleurs relais de l’image positive du service public local. Nous pouvons ainsi poursuivre sereinement notre travail collectif pour construire son avenir et permettre des innovations au service des usagers. La déclinaison régionale de cette mobilisation qui va suivre en est un gage. Elle témoigne de notre volonté d’apporter un accompagnement adapté à chaque réalité locale.

 


Alain Gianazza, président de la MNT depuis juin 2013, a effectué la quasi-totalité de sa carrière dans la fonction publique territoriale notamment à la ville de Toulouse. Il s’est aussi engagé en mutualité pour faire vivre les solidarités entre agents des services publics locaux. Il est également administrateur de la Fédération nationale de la mutualité française (FNMF) depuis 2009, de la Mutualité Fonction Publique (MFP) depuis 2010, et de l’UMG ISTYA depuis 2011. Il siège aussi au Conseil supérieur de la Mutualité française et, depuis 2016, à l’UNOCAM. Depuis la création de l’union de groupe mutualiste Territoires d’avenir avec SMACL Assurances, il en assure la présidence.

 

 

Jean-Luc de Boissieu, président du conseil d’administration de SMACL Assurances, a été élu président du conseil d’administration de SMACL Assurances en 2015. Jean-Luc de Boissieu, après l’École nationale d’administration (ENA), a poursuivi une carrière marquée par le service de l’État et le mutualisme. Il a été secrétaire général du Groupement des Entreprises Mutuelles d’Assurances (GEMA) de 1998 à juin 2014. Il est, aujourd’hui,  vice président de l’UGM Territoires d’avenir.

 

 

 

Philippe Laurent, maire de Sceaux, secrétaire général de l’Association des maires de France (AMF) et président du Conseil supérieur de la Fonction publique territoriale (CSFPT). Militant, élu, puis dirigeant local, Philippe Laurent s’engage en faveur de l’action locale (conseiller municipal en 1977, adjoint au maire en 1983 et maire de Sceaux depuis 2001), intercommunale (vice-président de la communauté d’agglomération des Hauts-de-Bièvre, puis du territoire Vallée Sud-Grand-Paris depuis 2003) et départementale (conseiller général de 1998 à 2011 et vice-président du Conseil général des Hauts-de-Seine de 2003 à 2007). Il a été élu conseiller régional d’Ile-de-France en décembre 2015. Il s’est vu confier de nombreuses responsabilités politiques dans différents domaines, dont les finances, le logement, l’urbanisme et l’architecture, la culture et la construction européenne. Son engagement en faveur de la défense d’un service public de qualité et de proximité le conduit naturellement à siéger au CSFPT dont il devient président en 2011, réélu à l’unanimité en 2015. Il est appelé parallèlement à la fonction de secrétaire général de l’AMF en 2014. Philippe Laurent est l’auteur du rapport sur le temps de travail dans la Fonction publique qu’il a remis à la Ministre en mai 2016.